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Chronique – Les Gardiens des Portes, Sonia Alain

Publié le par Sonia Alain

Chronique – Les Gardiens des Portes, Sonia Alain

par Alain, site Le Patelinant

Le 12 février 2015

Les légendes paraissent si lointaines, mais pourtant tellement proches tant elles sont imprégnées dans nos cultures et attisent nos mémoires. Elles nous apprennent, nous intriguent, car nous recherchons inlassablement la part de vérité qui sommeille en elles. Dans son premier tome des Gardiens de la Porte, Abbygaelle, Sonia Alain expérimente en partie cette quête dans le passé. En donnant à son héroïne un rôle à jouer dans le présent ainsi qu’un lien avec ce qui fut, l’écrivaine ancre plus durablement l’histoire de temps oubliés, l’énigme d’histoires insoupçonnées. Comme il ne s’agit pas d’un manuel des contes et légendes ou d’un ouvrage historique, il y a cependant plus de romanesque dans ce livre. Une quête d’identité, une course contre la montre, des sentiments compliqués et quelque chose de bien plus grand, de bien plus dangereux, qui semble dépasser tout le reste. Abbygaelle porte à nos yeux les promesses de quelques contrées chatoyantes du Québec dans une atmosphère pleine de mystère et de magie.

Abbygaelle, du rythme, des légendes et des ténèbres

Abbygaelle est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normal. Fille unique, elle est heureuse de retrouver son père Hadrien pendant les vacances afin de se détendre et de se balader un peu dans le Québec. Malgré la mort de sa mère plusieurs années auparavant, dont elle ne garde aucun souvenir, elle mène une vie heureuse. Sa vie bascule lorsque son père l’invite à rencontrer son groupe d’amis. Eux et son père se connaissent depuis longtemps et sont très proches, Abbygaelle le sait. Elle ne peut néanmoins s’empêcher d’éprouver d’étranges sensations de gêne en leur présence. Le pire est cet homme, Marcus, qui se veut tantôt détaché et hautain, tantôt attentionné et sensible. Ce qu’Abbygaelle ne sait pas, c’est que ce petit groupe n’est pas là par hasard. Elle court un grave danger, quelque chose d’effroyable la traque. Elle ne le sait pas, mais elle représente bien plus qu’une jeune femme tout ce qu’il y a de plus normal.

L’histoire proposée par Sonia Alain est empreinte d’une certaine mysticité qui pourra agréablement faire voyager la plupart des lecteurs. Résidents du Québec ou d’ailleurs, vous ne saurez qu’être charmés par le contexte, à la fois naturel et historique, proposé par ce lieu plein de charme. C’est pourtant dans la beauté de ces paysages que débute une course poursuite haletante. L’histoire possède sa part d’intrigues qui poussera le lecteur à boire avidement les chapitres. Les réponses ne viennent pas tout de suite, et c’est d’autant mieux dans la construction du roman. La compréhension de la nature véritable d’Abbygaelle est progressive, son cheminement vers les ténèbres également. L’ensemble est agréablement construit, alternant le plus souvent entre un rythme rapide et un rythme plus reposant, mais ne perdant jamais le lecteur.

Je t’aime moi non plus !

À partir de ce point du papier, c’est le moment où je précise que Abbygaelle, c’est également, et peut-être avant tout, un roman sentimental (ok, il y a de la fantasy aussi ! ). Comprendre ici une histoire qui repose en grande partie sur la relation qui se développe entre l’héroïne et l’énigmatique Marcus. Une grande partie de la psychologie des personnages centraux tournera autour de cette relation complexe. Je ne me risquerai pas à vous en dire plus, de peur de vous gâcher le plaisir de découvrir de quoi il en retourne. Néanmoins, il faudra bien garder à l’esprit que si la relation se révèle électrique au premier abord, l’emmagasinage d’énergie aboutira à quelques passages chauds comme la braise.

La relation entre ces deux personnages semblera classique, quoique puisant dans un contexte particulier et des aptitudes spécifique pour apporter un brin d’originalité. Les autres protagonistes, quant à eux, font bien pâle figure comparés à ce duo décapant. Ils occupent la place qui leur revient, c’est-à-dire de second ordre. Il n’en va pas autant pour le «grand méchant» cependant. Il se dégage de l’opposant principal une véritable insécurité pour Abyggaelle, mais également une sensation d’inéluctabilité. Les personnages se complètent, mais c’est bien Abygaelle et Marcus qui tiennent la part belle de ce premier roman.

Double frisson

Pourquoi double frisson ? Parce que danger et amour. L’écriture de Sonia Alain vous fera tantôt ressentir de la peur et une certaine empathie pour Abbygaelle, tantôt une petite satisfaction de la voir progresser dans sa relation avec Marcus. Le célèbre mélange d’Eros et Thanatos serait-il de retour ? Il se peut. Il se peut également que cela apporte une violence quasi-bestiale à l’écriture. Les plus prudes s’en tiendront à bon compte dans la majeur partie du roman : l’auteure ne cherche pas choquer et à troubler les âmes les plus ignorantes. Tout ce qui se passe se lie dans une langue raisonnable, raisonnée.

En bref, Abbygaelle est un roman qui fait voyager. Que ce soit dans les ténèbres, dans la lumière ou dans de belles contrées, Sonia Alain vous propose un petit périple made-in-Québec. Attention toutefois, sous ses airs de roman fantasy se cache en réalité un véritable roman sentimental. C’est peut-être d’ailleurs cette part de fantasy qui ne nous fait pas tomber dans le mièvre. Ce livre vous fera découvrir de nombreuses choses, vous invitera à l’aventure et à l’amour.

Pour ma part, j’ai été relativement surpris par cet ouvrage. Je m’attendais véritablement à de la fantasy et ne pensais pas que le caractère sentimental prendrait une telle place. Belle surprise néanmoins, car j’ai apprécié cette lecture. Je n’ai pas réellement eu la sensation de lire un Twilight bis. L’ambiance est totalement différente de même que les personnages.

Je remercie chaleureusement Sonia Alain pour l’envoi de ce premier tome ! Abbygaelle est disponible aux éditions ADA au prix de 9.99$.

Le Patelinant

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