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Une chronique sur Le Globe

Publié le par Sonia Alain

Une chronique sur Le Globe

Le 26 février 2013

Entrevue de Sonia Alain avec Caroline Barré

Salem est reconnu pour ses célèbres procès de sorcières, c’est ce qui m’a intriguée en découvrant ce roman.

L’héritière de Salem est un drame psychologique, doublé d’un brin d’histoire et de fantastique.

Megan, une jeune femme à la vie paisible, ignorait jusqu’à ce jour qu’elle avait été adoptée à sa naissance. En fait, sa famille vient d’une longue lignée de sorcières de Salem; un lourd secret bien gardé. Tout son univers bascule lorsque le notaire Cox se présente chez elle en cette froide journée d’hiver. C’est à ce moment-là qu’elle découvrira la vérité. Elle hérite de toute la fortune de sa grand-mère maternelle, il y a cependant une condition à remplir pour entrer en possession de cet héritage des plus particuliers. Elle devra demeurer un an dans la demeure familiale à Salem…

Megan est une jeune femme qui souffre d’insécurité. Par chance, Sean, son voisin, sera à ses côtés et amènera un certain équilibre dans son existence. Est-ce que cela sera suffisant cependant?

Le récit est bien écrit et très détaillé, avec de beaux moments entre les personnages principaux. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’histoire n’est pas uniquement axée sur le mystère, mais également sur la psychologie humaine… sur l’introspection. Nous découvrons aussi à travers le roman, un chapitre de l’histoire de Salem et de la vie des femmes qui y furent accusées de sorcellerie.

Voici un extrait

L’héritière de Salem, Caroline Barré, Les éditions Québec-Livres, 2012

Devant l’entrée, un frisson la traversa en entier. Les poils de ses bras étaient tellement hérissés qu’ils lui tiraient la peau. Un peu plus et ils s’arracheraient d’eux-mêmes. Sa nuque lui démangeait comme si mille fourmis s’y étaient donné rendez-vous. Elle détestait cette sensation. Elle croyait presque entendre la musique d’un film d’horreur l’avertissant qu’elle pouvait sursauter à tout moment. Un courant d’air froid glissa sournoisement jusqu’à elle et la glaça jusqu’aux os.

Entrevue

Caroline Barré est journaliste, romancière, réviseure, et traductrice. Elle a également écrit « Assassine », un roman policier.

Sa série « L’héritière de Salem » a obtenu la 2e position dans les sagas québécoises et canadiennes préférées des lecteurs à la suite d’un sondage réalisé par le magazine littéraire « Entre les lignes » en juin 2010.

Passionnée par le sujet, Caroline Barré a accepté de nous livrer ce qui l’a amené à l’écriture de cette série.

Pourquoi avoir choisi la ville de Salem et le sujet des sorcières comme toile de fond pour votre roman?

Le procès des sorcières de Salem de 1692 est un sujet qui me passionne depuis que je suis toute petite. En déménageant, je suis même tombée sur une photocopie d’un article publié dans les années 1980. J’ignore pourquoi cette tragédie retenait autant mon attention, si ce n’est qu’en raison de ma fascination pour la guérison par les plantes et l’ésotérisme.

Les gens de cette époque ont vécu un drame terrible. Chaque fois que l’être humain est confronté à quelque chose qu’il ne connaît pas ou ne maîtrise pas, il semble avoir cette propension à détruire, masquer ou simplement décrire comme étant l’instrument du Diable. Pourtant, la magie blanche tient simplement compte de la nature et des bienfaits qu’on peut en retirer!

J’ai donc choisi ce sujet comme trame de fond pour mon histoire puisque je pouvais exploiter certaines de mes passions autour d’un thème qui m’interpelait.

Quel genre de recherche avez-vous faite pour documenter votre histoire?

Comme mon récit se passe de nos jours, mis à part quelques notions sur l’histoire du procès des sorcières, ma documentation en ce sens était plutôt limitée. Pour ma culture personnelle, toutefois, j’ai cherché tous les sites Internet qui décrivaient les évènements et autres ouvrages sur le sujet. Je me suis procuré un guide sur la Nouvelle-Angleterre afin de me familiariser avec la région et les notions historiques qui s’y retrouvaient, de même que les lieux à visiter.

Là où j’ai investi davantage de temps et d’argent, c’est dans la guérison par les plantes, incantations et rituels. Préférant conserver les ouvrages que je consulte, je me les procure dès qu’un sujet retient mon attention. Ma bibliothèque compte donc différents herbiers et encyclopédies en médecine naturelle, huiles essentielles et végétaux. Presque autant d’ouvrages traitent des différentes formes de magie, d’ici et d’ailleurs, de magie blanche ou autres. Étant « ramasseuse » depuis mon plus jeune âge, rien ne se perd avec moi! Je finis toujours par trouver une utilité à une chose que j’ai conservée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans vos recherches?

Au niveau de l’histoire, différentes suppositions entourent le fameux procès. La plus récente hypothèse ferait état d’une « guerre de territoire », plutôt que de la présence d’une plante hallucinogène dans la région qui aurait causé l’hystérie collective ou encore les accusations portées, à tort ou à raison. Sur une carte, une ligne délimitait presque parfaitement le clan des accusés (favorisés par le transport maritime) versus celui des accusateurs (peinant à exploiter leurs terres). Ces derniers s’en seraient donc pris aux premiers par jalousie. Une « guerre de clocher » serait une autre hypothèse, celle-ci se trouvant davantage d’un bord que de l’autre. À l’époque, tout prétexte semblait valable!

Avez-vous déjà visité Salem?

J’y suis allée deux fois. La première, quelque temps après avoir publié mon Tome 1 de L’héritière de Salem. La seconde, en prévision de l’écriture des Tomes 3 et 4. L’architecture est ce qui m’a marquée le plus. En circulant dans les rues, on découvre de magnifiques demeures qui semblent avoir une histoire à raconter. Pourtant, l’actuelle ville de Danvers, dans le Massachusetts, serait le village de Salem de 1692.

Le cimetière est l’un des endroits que j’ai adoré visiter, avec ses pierres tombales datant d’une autre époque, certaines devenues illisibles avec le temps.

Y aura-t-il une suite à votre roman? Si oui, est-ce que vous pouvez nous en parler un peu?

Huit tomes sont prévus pour ma série L’héritière de Salem. Les Tomes 1 à 4 ont déjà été publiés, mais la maison d’édition a fermé ses portes. Les Éditions Québec-Livres ont, dès lors, témoigné leur intérêt à reprendre ma série, et c’est maintenant guidée par leur expérience que mon rêve se concrétise un peu plus chaque jour.

Initialement, le premier volume devait être seul, mais mes lecteurs en redemandaient! Le Tome 2 de ma série s’intitule : Rattrapée par son destin. Il devrait paraître en août 2013. On y retrouve, bien sûr, Megan, qui est l’héritière, mais l’histoire tourne davantage autour de Noémie, sa meilleure amie.

Dans chaque ouvrage, je m’efforce d’aborder un thème différent. L’important, pour moi, est que mes lecteurs puissent s’identifier ou s’attacher à mes personnages et qu’ils souhaitent suivre leur progression. J’essaie notamment de les faire passer par toute une gamme d’émotions.

Pour suivre l’auteure, vous pouvez la retrouver sur :

Son site Internet

Le Globe

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