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Une chronique sur le Globe

Publié le par Sonia Alain

Une chronique sur le Globe

Par Sonia Alain, Le Globe

Le 26 août 2013

Entrevue avec Annie Quintin, auteure de « Cher trou de cul »

Je ne suis pas une admiratrice de « chick lit », mais je dois avouer que ce roman m’a beaucoup plu. Un petit régal tout en humour…

Cher trou de cul

D’emblée, le titre de ce roman ne doit pas vous arrêter, pour reprendre une expression de l’auteure; c’est cute. Un récit rempli de péripéties aussi loufoques les unes que les autres, avec un brin de romantisme. On s’attache vite aux personnages. Même si le langage y est parfois un peu cru, cela n’enlève rien au charme de l’histoire. D’ailleurs, je n’ai pu m’empêcher, à l’occasion, de hocher la tête avec un sourire en coin. Il faut dire que Clara, l’héroïne principale, est plutôt mélangée et ne cesse d’accumuler les erreurs, ce qui la place souvent dans des situations assez cocasses.

Clara est jeune femme en pleine possession de ses moyens, dont la carrière florissante lui assure un bien-être matériel… c’est du moins ce qu’elle croyait jusqu’à sa rencontre avec Damien. Au début de leur relation, tout va pour le mieux, mais rapidement les travers de Clara ainsi que les aléas de la vie mettent en danger ce merveilleux petit couple. La rupture est inévitable.

72 jours. C’est le nombre de jours qu’aura duré leur amourette, soit le temps de la gestation d’un cochon d’Inde. Cette séparation est d’autant plus difficile à avaler pour Clara, qu’elle se fait par courriel sur Internet. Yan (le gai viril) et Mélo (la romantique), qui sont ses deux amis d’enfance, tenteront de l’épauler dans cette rude épreuve. Cependant, Clara a une façon bien à elle de faire face à la situation, ce qui l’entraine à l’occasion sur un chemin des plus inattendu. En dépit de tout, elle se devra de faire une introspection avec l’aide de son pseudothérapeute, une ancienne flamme. Qui sait ce qu’il adviendra…

Il faut aussi vous préparer à des allers-retours périodiques dans le passé et le présent…

Voici un extrait

"Tout ce que j’ai snobé, le genre de slogans de fiches de rencontre dont je me suis moquée, voilà que j’en suis venue à souhaiter ça. À vouloir ça.

Et que je l’ai perdu.

Ça ne sera pas pour nous.

Je n’ai pour seule caresse que celle d’un foulard autour du cou, à défaut de celle de sa main avant qu’il ne m’échappe et ne me glisse entre les doigts. Et sur cette route, je suis seule. Toujours toute seule.

Je n’ai pas pu le retenir."

Cher trou de cul, Annie Quintin, VLB éditeur, 2013

Entrevue

Pourquoi avoir choisi les sites de rencontre sur le web comme exutoire pour Clara?

Le choix d’écrire un roman sur le sujet s’est imposé dans « Désespérés s’abstenir ». J’ai moi-même expérimenté la chose lorsque j’étais célibataire. C’est un sujet qui abonde en anecdotes cocasses et qui a un grand potentiel pour la comédie de situation. Ça, c’était pour « Désespérés s’abstenir ». Pour ce qui est de « Cher trou de cul », en début de rédaction de mon manuscrit, je décrivais une Clara qui vivait à fond sa peine d’amour… J’avais aussi le goût d’explorer davantage l’écriture dramatique. Mais j’ai dû me rendre compte que la peine d’amour assumée ne cadrait pas avec mon personnage. Clara est très complexe et a de grandes difficultés à exprimer et à accepter ses émotions. L’excursion sur les sites de rencontre est devenue ici le parfait exutoire pour Clara, mais aussi pour les lecteurs, à qui je permettais de souffler avec un peu de « comic relief » entre les passages plus intenses.

Comment choisissez-vous vos personnages?

J’en suis en début d’écriture de mon troisième roman, avec de nouveaux personnages… et je me pose justement cette question! Je dirais tout d’abord que l’héroïne ne doit PAS me ressembler! C’est mon premier critère pour « composer » un personnage. Je cherche à me donner des défis d’écriture, pas à patauger dans l’autofiction. Ensuite, je dirais que mon souci dans la construction des personnages est qu’ils soient réalistes et crédibles, qu’ils soient plus près des personnes que des personnages au fond. Même le « beau gars » de l’histoire doit être réaliste. Quand j’écris, j’aime qu’on entende mes personnages, comme s’ils existaient. Les dialogues sont donc une priorité.

Qu’est-ce qui vous a entrainé vers l’écriture de style « chick lit »?

Je suis un peu tombée dans le « genre » par défaut. Ce n’était d’ailleurs pas mon but d’écrire de la « chick lit ». « Désespérés s’abstenir » allait sortir en librairie et je n’assumais toujours pas l’étiquette. Là, je m’y fais tranquillement et je commence à l’assumer même si je risque d’élargir mes « horizons littéraires » dans le futur.

Est-ce que le lecteur doit avoir lu « Désespérés s’abstenir » avant celui-ci? Pourquoi avoir choisi les mêmes personnages?

« Cher trou de cul » est une suite pour ceux qui ont lu « Désespérés s’abstenir », mais il se lit aussi indépendamment. Ma directrice littéraire n’a jamais lu « Désespérés s’abstenir » lorsque nous avons travaillé sur la révision de « Cher trou de cul ». Le but était que le tout se tienne sans avoir lu le premier roman. Ce qui fonctionne assez bien. Aucune plainte n’a été répertoriée! Hi! Hi! Ce deuxième roman a aussi une structure bien différente de « Désespérés s’abstenir ». J’ai choisi de remettre en scène les mêmes personnages parce qu’ils en avaient encore beaucoup à vivre, en particulier Clara qui méritait une bonne leçon et que je désirais voir évoluer.

Pour suivre l’auteure, vous pouvez la retrouver sur :

Il est à noter que « Désespérés s’abstenir » est en rupture de stock, donc seulement disponible en version epub. Une nouvelle édition paraîtra à la mi-octobre. Il y aura un chapitre inédit à la fin. Les lecteurs de la première version pourront trouver le chapitre en version numérique.

Le Globe

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